Hiroshi Fujiwara, talent de la «team Moncler»

Très attendue, la seconde partie de la collection que ce Japonaisa signée, dans le cadre du projet Genius de la marque de doudoune, arrive en boutique après-demain.

Hiroshi Fujiwara dit «ne pas aimer les cases ni les étiquettes» lorsqu’on lui demande s’il y a un mot pour résumer son métier. Depuis les années 1980, ce créatif évolue entre la musique, la mode et la culture. Sa première marque se nommait Goodenough, considérée comme celle à l’origine du mouvement streetwear au Japon. Aujourd’hui, il s’associe ponctuellement à des grandes griffes – Carhartt WIP, Converse, Nike, Levi’s, Louis Vuitton, Oakley… – pour des collaborations sous le nom de Fragment qui s’arrachent dès leur sortie.

Un succès également vérifié avec Moncler, en juin dernier, lors de la livraison des premières pièces signées dans le cadre du projet Genius, un dispositif invitant des artistes à réinterpréter la doudoune. Quelques heures après leur mise en vente, la plupart des modèles étaient déjà en rupture de stock. Y compris dans les boutiques et les corners de la marque dans les grands magasins, à Paris.

Le deuxième volet de cette coédition est attendu pour le 6 décembre. Au programme, des parkas avec des patchs amovibles et des inscriptions «to the south, to the west, to the north, to the east», des mailles décorées de flocons de neige en jacquard et des liquettes en tissu molletonné qui devraient faire un tabac, tant elles cumulent des références aux indémodables tels la chemise à carreaux ou le pull-over d’après-ski.

D’une collaboration à l’autre

Modèle de la collectionFragment x Moncler dessinée par Hiroshi Fujiwara.

«J’ai toujours aimé fusionner plusieurs identités pour en créer une nouvelle», décrypte l’intéressé qui s’est initialement fait connaître, au milieu des années 1980, comme DJ dans son pays. À l’époque, il rentrait de Londres et de New York avec bon nombre de disques hip-hop dans ses bagages – d’ailleurs, l’arrivée de ce genre musical au Japon lui revient. En parallèle, il nouait des liens avec le Californien Shawn Stussy, un fabricant de planches de surf qui commençait à gribouiller son patronyme sur des tee-shirts, lançant ainsi le style streetwear sous l’étiquette Stussy, sur la côte ouest des États-Unis.

De l’autre côté du Pacifique, la jeunesse nippone s’entiche de ce courant via le label Goodenough d’Hiroshi Fujiwara. Celui-ci fonde également un groupe de rap, signe des chroniques musicales pour des magazines qui seront adaptées à la télévision. Il devient une sorte de gourou – le «parrain d’Harajuku» est-il surnommé dans ce quartier tokyoïte, repaire de la jeunesse. Lui n’aime déjà plus les cases, les étiquettes, les voies toutes tracées.

Au début des années 2000, il arrête sa marque au profit de Fragment, une structure qui enchaîne les projets ponctuels avec des entreprises variées. Y compris avec Starbucks pour l’aménagement d’un café sur Omotesando, une artère de Tokyo où sont implantées toutes les griffes occidentales de luxe.

Depuis quatre mois, sa dernière réalisation a pris place à Ginza, un autre quartier de la capitale nippone quadrillé par les grands de la mode, sous l’enseigne The Conveni. Ce magasin en sous-sol se présente comme une épicerie de première nécessité. En rayons, des tee-shirts, des hoodies, des cabas, des accessoires et une multitude de gadgets conditionnés dans des emballages qui rappellent les boîtes de Corn Flakes, paquets de chips et autres cannettes de soda. «Aujourd’hui, j’observe l’évolution du monde et des tendances à travers le prisme de l’alimentation, commente-t-il. Bien que chaque culture entretienne des relations particulières avec la nourriture, on note des évolutions communes dans la façon de s’approvisionner au quotidien, liées à Internet, des préoccupations qui n’existaient pas auparavant ou des rapprochements et des fusions dans les cuisines, voire entre des grands chefs.» La vogue des collaborations, toujours et encore.